Briser les silences, garantir les droits : un plaidoyer fort pour les adolescents et jeunes des Grands Lacs

A l’issue des assises régionales du projet SHARP tenues à Mombasa, au Kenya, la Directrice Générale de la Fondation Marie-Claire (FMC) Ir MWAMINI Marie-Claire, a porté un plaidoyer puissant, engagé et profondément humain en faveur des adolescents et jeunes de la région des Grands Lacs.

Dans une intervention marquée par un leadership affirmé, elle a rappelé une vérité essentielle, derrière chaque statistique se cachent des vies, des rêves et des potentiels souvent freinés par des inégalités persistantes et des barrières encore trop nombreuses en matière de santé sexuelle et reproductive.

Aujourd’hui, les adolescents et jeunes continuent de faire face à des défis majeurs : un accès limité à des services adaptés et de qualité, un manque d’informations complètes et fiables, ainsi que le poids des normes sociales et des tabous qui freinent le dialogue. Les jeunes filles, en particulier, restent fortement exposées aux risques liés aux grossesses précoces, aux violences et à l’absence d’accompagnement adéquat.

Face à cette réalité, la Directrice Générale de la FMC a lancé un appel clair et sans équivoque à une action collective et responsable. Elle a plaidé pour un accès effectif, équitable et encadré aux services de santé sexuelle et reproductive pour tous les jeunes, en tenant compte de leurs réalités et de leurs besoins spécifiques. Elle a également insisté sur la nécessité de renforcer et d’appliquer les cadres juridiques et politiques afin de garantir la protection des droits des adolescents et jeunes.

Ce plaidoyer met également en lumière l’urgence de lever les tabous et de promouvoir un dialogue ouvert, inclusif et sans jugement autour des questions liées à la santé et aux droits des jeunes. Il appelle à une mobilisation renforcée des organisations de la société civile, des institutions publiques, des leaders communautaires et religieux, ainsi que des parents, dans une dynamique de responsabilité partagée.

Au cœur de ce message se trouve une conviction forte ; les adolescents et jeunes ne doivent plus être considérés comme de simples bénéficiaires, mais comme de véritables acteurs du changement.

Leur engagement, leur participation et leur leadership sont essentiels pour construire des solutions durables et adaptées.

Ce plaidoyer est un appel à l’action. Un appel à investir dans la jeunesse comme levier de transformation sociale. Car garantir l’accès à la santé et aux droits des adolescents et jeunes, c’est renforcer le capital humain, réduire les inégalités et bâtir des sociétés plus justes, plus saines et plus résilientes.

La Fondation Marie-Claire réaffirme ainsi son engagement à œuvrer, aux côtés de ses partenaires, pour un environnement où chaque jeune peut accéder à des services adaptés, bénéficier d’une information complète et évoluer dans un cadre protecteur,

sans tabou et en toute dignité.

Briser les silences, c’est protéger des vies.

Garantir les droits, c’est construire l’avenir.

DES PARCOURS QUI ECLAIRENT : QUAND LES FEMMES LEADERS TRANSMETTENT L’EXPERIENCE AUX GENERATIONS FUTURES

Dans un contexte où les enjeux de transformation sociale exigent des réponses incarnées et des modèles inspirants, le leadership féminin ne peut plus être une notion abstraite. Il doit se vivre, se raconter, se transmettre. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la journée d’échanges intergénérationnels organisée dans le cadre du programme ALF, réunissant des femmes influentes du pays et de jeunes académiciennes en quête de repères, de sens et d’inspiration.

Plus qu’une simple rencontre, cette journée a été une immersion dans des parcours de vie authentiques, parfois marqués par les défis, mais toujours portés par la détermination. Elle a offert un espace rare où l’expérience s’est transformée en levier d’apprentissage, et où la parole des mentors a pris toute sa valeur : celle de la vérité, sans filtre.

Dès les premières interventions, le ton a été donné. Loin des discours idéalisés, les femmes leaders ont choisi l’authenticité. Elles ont raconté leurs débuts, souvent difficiles, leurs doutes, leurs échecs, mais aussi les choix courageux qui ont façonné leur trajectoire.

« Nous ne sommes pas arrivées ici par hasard. Chaque étape a été un combat, chaque réussite une construction. »

Ces mots ont immédiatement résonné dans la salle, rappelant que derrière chaque réussite visible se cache un parcours invisible, fait de persévérance et de sacrifices. En partageant leurs réalités, les mentors ont brisé les illusions, mais surtout ouvert des perspectives concrètes.

Car être femme et aspirer à diriger, influencer ou transformer son environnement reste un chemin exigeant. Les intervenantes n’ont pas éludé cette réalité. Elles l’ont affrontée avec lucidité, offrant aux jeunes participantes une lecture honnête des défis à venir :

« Il y aura des moments de doute. Mais rappelez-vous toujours pourquoi vous avez commencé. »

Ce rappel à l’essentiel a marqué un tournant dans les échanges. Il a replacé la motivation profonde comme ancrage du leadership, comme boussole dans les moments d’incertitude.

Au fil des témoignages, une autre vérité s’est imposée avec force : l’échec fait partie du processus. Non pas comme une fin, mais comme une étape nécessaire à la croissance.

« L’échec n’est pas une fin. C’est une formation que la vie vous impose pour vous préparer à plus grand. »

En requalifiant l’échec, les mentors ont transformé la peur en opportunité. Elles ont permis aux jeunes académiciennes de changer de regard sur leurs propres limites, de comprendre que chaque difficulté peut devenir un tremplin, à condition de savoir l’analyser et en tirer des leçons.

Ce qui a rendu cette journée particulièrement marquante, c’est la capacité des jeunes participantes à se projeter dans ces récits. À travers les histoires partagées, elles ont trouvé des points de connexion, des similitudes, des sources d’identification. Le leadership, souvent perçu comme lointain ou inaccessible, est devenu concret, humain, atteignable.

Dans cette dynamique, un message transversal a émergé, puissant et fédérateur :

« Si nous avons pu le faire, alors vous le pouvez aussi — et vous pouvez aller encore plus loin. »

Ce message n’était pas seulement une affirmation. Il était une transmission de pouvoir. Une invitation à dépasser les limites héritées, à repousser les frontières du possible et à inscrire leurs ambitions dans une vision plus grande.

Au-delà des mots, cette journée a permis de poser les bases d’un leadership enraciné dans l’expérience. Un leadership qui ne s’improvise pas, mais qui se construit, se nourrit des autres, et se renforce au contact des réalités.

Elle a également démontré que la transmission est un acte stratégique. En partageant leurs parcours, les femmes leaders ne se contentent pas d’inspirer : elles équipent, elles préparent, elles accélèrent l’émergence d’une nouvelle génération prête à prendre le relais.

A travers sa participation à cette initiative, la FMC réaffirme son rôle dans la création d’espaces de dialogue et de mentorat, où la motivation devient une ressource, et où chaque interaction contribue à bâtir un leadership féminin fort, solidaire et tourné vers l’impact.

Former pour transformer, ici, prend tout son sens. Car lorsque l’expérience rencontre la volonté, lorsque les histoires deviennent des leçons, et lorsque les générations se connectent, alors le changement ne se prépare plus : il commence.